Il est de ces personnes, qui même avec toutes les bonnes intentions du monde, finissent toujours par agir stupidement et blesser les gens qu'ils aiment. Tellements écorchés, accordant difficilement leur confiance et même une fois dans un parfait climat de complicité gardant quelques méfiances à l'égard de leur entourage. Cela ne les empêchent pas de les aimer, non, cela reste simplement une façon de se protéger parceque personne ne sait de quoi sera fait demain et si ces personnes seront présentes quoi qu'il arrive. Ils sombrent parfois dans l'hystérie, la jalousie excessive, la paranoïa, paniquent ce sont leurs sentiments trop intenses qui leur rongent et leurs font commettre des actes tout ce qui a de plus idiots. Ils sont condamnés à avoir des remords.
Ces êtres aiment, ils aiment même trop. Ils ressentent, oui mais ils ressentent trop et trop de choses à la fois, trop de sentiments que bien souvent ils ne comprennent pas et ne savent pas contenir. Ils ont le syndrôme de la 3éme roue du carosse et du regard lointain sur ses pompes. Ces écorchés vifs sont égalements appellés des artistes. Peinture, dessin, musique, écriture, l'écorché vif cherche désespérement une échappatoire il a ce besoin intense d'évacuer ce trop plein qui le ronge, cette faiblesse qui devient parfois une force. Son imagination le transporte de temps à autre vers des lieux plus paisibles où il n'est pas assailli par ce monde extérieur bien trop agressif pour lui. Moi, j'ai besoin de poser quelques mots par ci et par là, tapés sur un clavier froid et bruyant, sur un papier trainant par ci, entre deux phrases sur une feuille de cours. J'ai par moment cette necissité de traduire la douleur en mots. Ce noeud dans l'estomac que chacun connait, cette torture qui doit rester totalement illisible sur votre visage, je connais ce sentiment : le besoin d'écrire qui me ronge les entrailles. Certains soirs, je pleure de l'encre, j'hurle des phrases en silence, rien n'est comparable à ce soulagement. Si ce n'est lorsque d'autres écorchés vous expliquent qu'ils se reconnaissent dans ces petits mots de peines, en toute modestie. Parceque le bourreau qu'est l'écriture peut finir par se transformer en une sorte de libérateur.
Ainsi, il arrive que ces êtres en rencontrent un autre, débordant lui aussi de larmes, de plaies, d'expériences parfois douloureuses, et un peu de leur douleur respective mise en commun, les apaise. Cet être torturé peut parfois rencontrer son extrême opposé, l'optimiste par nature, sa phrase favorite " ça pourrait être pire", toujours souriant, prenant les choses au degré le plus second possible et semblant n'éprouver aucun sentiment cet être trop beau pour être vrai cache lui aussi des tourmentes et des plaies.
Pour ma part, je retiendrai simplement que c'est en tombant qu'on se reléve plus fort, et que parfois il ne faut pas hésiter à se laisser aller à tomber dans le vide, un jour, c'est un ange qui vous rattrape.